Hôtels à la montagne Liban
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Hôtels à la montagne
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La montagne
Libanaise s’entend des deux chaînes parallèles qui sillonnent le pays sur toute
sa longueur : le Mont-Liban et l’Anti-Liban, mais tout aussi bien des villes de
la bande côtière avec lesquelles le Mont-Liban se confond, telles que Jbeil,
Batroun, Choueifait, Jounieh et bien d’autres. A cette particularité naturelle
correspond d’ailleurs un mouvement de flux et reflux de la population de haute
et de moyenne montagne qui, pour un grand nombre, aux approches de l’hiver,
redescend vers des villages de moindre altitude, à proximité du littoral.
La montagne libanaise est d’une extraordinaire beauté, particulièrement le Mont-Liban
qui, d’un côté regarde la mer, et de l’autre, au-delà de la plaine de la Beqaa
qui l’en sépare, les hauteurs enveloppées de mystère de l’Anti-Liban. Gorges
étroites, vallées verdoyantes, crêtes coiffées de pins, rivières, torrents,
cascades émerveillent le regard, empruntant au fil des heures des éclairages
changeants.
Cette montagne est pour ainsi dire l’œuvre du paysan libanais et ce fut une
tâche de longue haleine. Solide, endurant et d’apparence farouche avec ses
larges moustaches mais en réalité accueillant et affable, le montagnard a
sculpté le roc en terrasses étagées où il a transporté la terre pour étendre son
espace cultivable. On trouve même souvent au sommet de falaises d’accès
difficile un ou deux oliviers étrangement isolés.
Les premières cultures dans la montagne libanaise étaient justement l’olivier,
la vigne et, partout où une moindre déclivité du terrain le permettait, le blé.
Si le montagnard a toujours un faible pour l’olivier, c’est qu’il en tire de
multiples avantages: en plus du fruit, il en extrait de l’huile pour sa cuisine
ainsi que pour son éclairage, en y faisant flotter une mèche qui brûle longtemps
économiquement. Et il fabrique aussi à partir de cette huile son savon. Si
depuis une trentaine d’années le pommier est devenu roi, c’est qu’avant lui le
mûrier a longtemps régné au Liban. En effet la sériciculture proliférait partout
et chaque village avait sa filature de soie, mais après l’invasion de la soie
artificielle le montagnard a repris la culture des arbres fruitiers et en dehors
de la pomme qui est ici un régal, poiriers, cerisiers, amandiers et pêchers font
également l’objet de ses soins, sans compter la vigne dont au Liban on tire la
boisson nationale, l’arak, et de si bons vins. Egalement à l’honneur l’élevage
des chèvres qui donnent un lait et un fromage des plus appréciés ainsi que celui,
plus rare, du mouton, essentiel à la cuisine de tous les Libanais.
L’âne est un animal non moins familier au montagnard, car il sert a gravir les
chemins escarpés et à transporter les récoltes. Malgré les progrès de la
machine, il est toujours utilisé par les paysans de la montagne, qui semblent
avoir pour lui une tendresse mêlée de reconnaissance. C’est un élément
appréciable de leur capital.
Au moment de la moisson ou de la cueillette des olives, les gens de la montagne
s’entraident. Le village entier y participe. Et il en est de même lorsqu’il
s’agit de bâtir une maison. Parents, amis et voisins prennent sur leur temps,
qui leur est mesuré – car les tâches sont nombreuses – pour offrir leurs
concours bénévole. Offrir ici est d’ailleurs chez tous un geste spontané.
La demeure du montagnard, même la plus modeste, est nette. Une seule couleur
partout: le blanc qui atteste cette propreté, cette netteté. Divans, fauteuils
et tables sont recouverts de dentelle blanche que les femmes ont brodée et que
rien jamais n’a terni. L’habit du paysan, avec son pantalon bouffant, est
fonctionnel, ce qui n’enlève rien a son pittoresque. Une coiffure de laine le
protège du soleil et du froid.
Les maisons libanaises en montagne sont fort jolies avec leur toiture rouge.
Aussi les villages perchés sur les hauteurs ou accrochés sur le versant en pente
légère, ou encore posés dans la vallée, se présentent-ils à la vue comme un
flamboyant bouquet. Seuls, clochers ou minarets rompent l’uniformité de couleur.
Mais il n’y a pas que des villages. Il existe aussi des villes – toutes reliées
par un excellent réseau de routes – dont certaines, stations d’estivage
recherchées, ont pris de l’importance, quintuplant ou davantage de juin à
septembre leur population et, de ce fait, connaissant un commerce actif. Elles
ont gagné parfois en prospérité ce qu’elles ont perdu en beauté et en charme,
surtout avec la multiplication des constructions en béton. Il est heureux que
quelques-unes aient été préservées, comme les villages, de ce modernisme
dévastateur. Ce n’est pas le cas cependant d’une ville comme Jounieh qui a les
pieds dans la mer et qui se prolonge sur les premières hauteurs. Elle connaît un
extraordinaire essor à la suite de la décentralisation intervenue avec les
événements de ces dernières années, et qui a favorisé plusieurs autres villes
comme Tripoli, Saida et Zahlé.
Mais s’agissant de montagne libanaise, véritable château d’eau, comment ne pas
parler des sources qui, en mille endroits, jaillissent en cascades. Puits d’eaux
vives, ondes qui descendent du Liban, dit le Cantique des Cantiques. Elles sont
généralement environnées d’arbres, noyers, saules pleureurs, châtaigniers et
autres. A l’ombre de ces arbres se sont installés des cafés et des restaurants
typiques où aiment à s’attarder les consommateurs dont les voix se mêlent au
murmure de l’eau. Il n’est d’ailleurs pas de village de montagne qui n’ait sa
source, et ce n’est naturellement pas un hasard. Les eaux de source au Liban
sont très recherchées pour leur pureté et leur légèreté, et quand il s’agit
d’eaux minérales, pour leurs vertus thérapeutiques. On évoque souvent la source
d’Afqa, parce qu’elle est inséparable de la légende d’Adonis. Elle sort d’une
immense grotte située dans le flanc d’un rocher à pic de près de 200 m de haut.
Mais il y a d’autres grottes merveilleuses, notamment celle de Jeita et de la
Qadisha, la vallée sainte des Maronites. Jeita semble avoir été conçue par
quelque génial sculpteur, créateur de formes minérales fantastiques,
extravagantes, à l’infinie diversité, dont la beauté jaillit de l’irrationnel.
La solennelle et silencieuse grandeur de la grotte de la Qadisha vous saisit
d’emblée, de même que le spectacle de la vallée de la Qadisha (Wadi Qannoubine),
que domine une falaise gigantesque percée de mille trous, cavernes dans
lesquelles s’étaient retirés tant d’ermites. C’est à partir de là que des
monastères ont essaimé dans toute la montagne et qu’autour d’eux se sont
constitués des villages. Ainsi les moines avaient-ils propagé l’enseignement et
ce sont eux qui en 1640 avaient crée la première presse en Orient et en 1734
imprimé le premier livre en caractères arabes.
Dans la montagne, les Druzes aussi ont leurs lieux de recueillement et de
méditation, réservés toutefois aux seuls initiés. Toutes les grandes communautés
sont ici représentées. Elles sont compartimentées ou entremêlées dans des
villages mixtes ou parfois leurs maisons ont des murs communs. Souvent, de
village à village ou dans un gros bourg, la voix du muezzin se mêle à la cloche
d’une église que répercute, toutes deux, l’écho dans la vallée. Ce n’est pas en
vain, tant est grande la ferveur religieuse des habitants de la montagne.
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